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Architecte : OMA

« La façade de l'espace de consultation est un ouvrage spécial inédit en France, composée de vitrages complexes en verre structurel de grande hauteur » Robert-Jan van SANTEN Architecte - Co-gérant - Fondateur

Détails du projet

  • Référence : 2010-227
  • Chef(s) de projet : Robert-Jan van SANTEN
  • Ancien(s) chef(s) de projet : Emilie DEVELLE
  • Maître d'ouvrage : Caen la mer
  • Surface totale : 12,700 m²
  • Budget total : 29,000,000.00 €
  • Emplacement : Caen
  • Typologie bâtiment : Médiathèque
  • Travaux : Neuf

OMA n’avait plus gagné (et peut-être fait) de concours depuis un certain temps en France, et sous l’impulsion de Clément BLANCHET ce concours de médiathèque est gagné. Il en augurera quelques autres dans la foulée. Le bâtiment est éminemment atypique, avec un plan en croix, des noyaux de circulation placés aux extrémités et au 1er étage, en son centre une grande salle de lecture.

L’Architecte a dans son équipe les BET IOSIS Centre Ouest (ingénierie) et IOSIS Concept-ELIOTH (développement durable), mais vers la fin de la phase ADP, il n’y a toujours rien de sérieux pour la façade de cette salle de lecture, et OMA nous appelle pour en parler.

Toute solution avec des montants opaques est exclu d’emblée. Toutes les solutions « évidentes » sont passées en revue, les raidisseurs en verre, le verre ondulé, le VEC, le VEA, … jusqu’au moment où un de mes croquis, rapidement esquissé d’un vitrage raidi en son centre fait immédiatement s’enthousiasmer Clément ! …

Quelques jours plus tard, nous nous surprenons en comprenant que chacun a vu dans ce croquis une idée différente, mais qu’importe : l’interprétation d’OMA est validée et c’est parti.

Il s’agit de réaliser un vitrage isolant de 6,2 x 2m de surface, aux bords parfaitement classiques et plans, mais dont le ventre du verre extérieur, saillant d’une quarantaine de cm, donnera une résistance suffisante pour rigidifier le vitrage sur les 6.2m de portée libre entre dalles. Les partenaires contractuels de l’architecte sont moins enthousiastes au début, et n’avaient pas prévu d’inclure dans leur offre le développement d’une façade expérimentale.

Cela créera quelques tensions et blocages. Finalement nous aurons une mission partagée entre Elioth et OMA pour participer aux études de cette solution jusqu’à la réalisation avec essais statiques d’un prototype. Le maître d’ouvrage a en effet demandé que la faisabilité technique, et l’intérêt architectural soient vérifiés grandeur nature avant de valider la proposition de l’Architecte.

Elioth utilise un intéressant logiciel de recherche de forme pour optimiser les courbes afin de diminuer les contraintes dans le verre sous charge de vent. Le fichier est transmis au miroitier italien Sunglas, qui y ajoute logiquement son grain de sel et ne retient que les courbes centrales, axées. Les autres parties seront bombées selon son feeling afin qu’il y ait le moins de contraintes dans le verre … lors de la fabrication ! L’avantage immédiat est que cela réduit les distorsions optiques, une des préoccupations de l’utilisateur. Autre bonnes nouvelles : les essais statiques démontreront que le vitrage est assurément assez rigide et résistant, et le maître d’ouvrage, qui a fait le déplacement, est emballé par l’aspect.

Derniers points importants : l’impact de cette géométrie sur les performances d’isolation thermique du verre : la lame d’air fait un peu plus d’1 m3, c’est TRES inhabituel et il est aisé de prédire qu’il y aura de la convection qui va atténuer la performance du Ug. Nous nous aventurons, sans risques, à dire que le Ug sera compris entre le Ug d’un vitrage isolant classique et celui d’un vitrage avec une lame d’air de 400 mm. L’explication est jugée convaincante… et suffisante. La façade est sortie à un coût de réalisation finalement très raisonnable : la menuiserie étant simplissime, et la pose très rapide.